| Retour à la liste des fables |

Cierge (Le)

(Recueil 2, Livre 9, Fable 12)

 

 

 

 C'est du séjour des Dieux que les Abeilles viennent.

Les premières, dit-on, s'en allèrent loger

Au mont Hymette, et se gorger

Des trésors qu'en ce lieu les zéphirs entretiennent.

Quand on eut des palais de ces filles du Ciel

Enlevé l'ambroisie en leurs chambres enclose,

Ou, pour dire en Français la chose,

Après que les ruches sans miel

N'eurent plus que la Cire, on fit mainte bougie ;

Maint Cierge aussi fut façonné.

Un d'eux voyant la terre en brique au feu durcie

Vaincre l'effort des ans, il eut la même envie ;

Et, nouvel Empédocle aux flammes condamné,

Par sa propre et pure folie,

Il se lança dedans. Ce fut mal raisonné ;

Ce Cierge ne savait grain de Philosophie.

Tout en tout est divers : ôtez-vous de l'esprit

Qu'aucun être ait été composé sur le vôtre.

L'Empédocle de Cire au brasier se fondit :

Il n'était pas plus fou que l'autre.

JEAN DE LA FONTAINE

Livre 9, Fable 12

 

 

© avril 2007 - Mentions légales - Maître d'œuvre Formalog.info - Réalisation webservice02 - D. Forest -